Quelques témoignages sur le peintre

Eemans élargit le domaine de l’inquiétude humaine, sans tirer ses conclusions, sant tâcher de résoudre quoi que ce soit. C’est son droit et- l’opposant aux trop hâtifs et naïfs théoriciens- je dirai même : c’est ce qui me plaît en lui.

Victor Servranckx (“Variétés”, 1e année, n° 3, 15 juillet 1928).

Point n’est besoin d’une clé pour pénétrer dans l’univers pictural de Marc. Eemans ; il suffit d’admettre que le peintre peut accéder au monde de la pensée.

Réné Baert (“Peintres de Flandre et de Wallonie”, 1943)

Nous sommes très nombreux en France à porter une très grande estime à la personne et à l’œuvre de Marc. Eemans.

Jean Paulhan, de l’Académie française (extrait d’une lettre du 2 avril 1949)

Cette peinture ne se réclame d’aucune mode, ne va dans le sens d’aucun courant actuel. Si l’on peut voir en elle, dans une certaine mesure, un prolongement du surréalisme, elle se rattache davantage à une tradition plus secrète et plus profonde, à cette Tradition hermétique dont récemment encore André Breton lui-même déplorait que l’art moderne ignorât le message.

Claude Elsen (préface au catalogue de l’exposition Marc. Eemans à la Galerie “Le Soleil dans la Tête, Paris, 1957)

Une peinture dont la technique même, toute faite de fluidité et de transparence, comme l’a remarqué si justement le critique d’art Roger van Gindertael (“Les Beaux-Arts”, Bruxelles, 29 novembre 1957) confirme le besoin de sublimation qui ne cesse d’habiter l’art de Marc. Eemans. “Ainsi se trouve préservée, ajoute-t-il, la part des latences et des anagogies, alors que la précision du dessin satisfait au contraire les clartés de l’esprit”.
Et n’est-ce point le moment d’évoquer ici le mot de Léonard de Vinci que l’on pourrait placer en exergue à tout l’œuvre peint de Marc. Eemans : “pittura e cosa mentale” ?

Serge Hutin (dans “Ars Magna”, Paris J 959)

Marc. Eemans fut aux environs de 1922 le plus jeune peintre abstrait de son pays. En effet, il exécutait à cette époque des compositions méticuleusement dosées dont le coloris assourdi et les volumes sereinement courbes suscitaient une sensation étrange et insolite. Déjà était présente dans ses toiles une part de mystère qu’il saurait suggérer dans ses œuvres surréalistes. La magie (blanche et noire) n’a cessé d’attirer ce grand connaisseur de la littérature ésotérique.

Jan Walravens (dans “La peinture abstraite en Flandre”. Editions Arcade Bruxelles, 1963)

Marc. Eemans n’est pas seulement un historien, mais aussi un peintre connu do’lt les œuvres sont estimées à l’égal de ses livres.

Marcel Brion, de l’Académie française (Extrait d’une Préface, 1966)

Cet étrange “Hommage à Lénine” de votre jeunesse m’a touché beaucoup. On y voit déjà toute la longue voie que vous avez faite, la beauté, le phantastique, le secret et le purisme, le sens pour une statique qui se transforme tout de suite en mouvement, répétition, développement, évolution et vie, vie venue de toutes les voyances de l’esprit humain et universel, ou mieux : astral.
Le poète Kosmas Ziegler (extrait d’une lettre du 12 juin 1967)

Déjà dans ses compositions abstraites Eemans donna, grâce à la lumière et à la couleur, une dimension de dépaysement à son langage plastique.
Phil Mertens, assistante scientifique aux Archives de l’Art moderne. (Bruxelles, juin 1967)

Son vieil ami Eemans dont il ne saurait trop louanger le talent si réputé en France, à Paris et ailleurs.
Emmanuel Looten, 14 juin 1967.

Romantique à la manière des maîtres allemands, un peu ténébreux, il ne cache pas son penchant pour le symbolisme, la magie, la poésie noire. Beaucoup trop de richesse pour ne pas inquiéter et déconcerter. Art intellectuel, peintre d’idées dont le coloris sourd et la technique savante, presque religieuse. n’ont pas les séductions faciles des fanfares plastiques d’aujourd’hui.
Dans la peinture fantastique. où l’on découvre plus de suiveurs que d’inventeur vrais, Marc. Eemans apparait un peu comme un prince germanique, sorti de l’ombre ou du tombeau, porteur d’un mes age de l’autre monde, mage et prophète, sorte de revenant chargé de sortilège.

Stéphane Rey (dans “Le Phare Dimanche” 3 mars 1918)

Œuvre étrange, donc, qui nous entraîne dans un univers à la fois cérébral et érotique qui est dessinée avec la netteté d’un néo-classicisme et ouvre pourtant sur tous les songes et tous les sortilèges.
Dans “La vision lointaine” (1928), Marc. Eemans se paye le luxe de battre Magritte sur son propre terrain : celui de l’humour surréaliste.

Georges Fabry (dans “Vers l’Avenir”, 24 janvier 1972)

Un précurseur du surréalisme : Marc. Eemans, poète et inventeur. Etrange destinée, certes, déchirée dans les orages de l’histoire, repoussée pendant un long moment, mais accueillie, grâce à la force sereine du temps comme un témoignage du siècle : ainsi le galet repoussé et tant de fois lavé par le marée, échoue sur la plage, enfin plus loin que la mer, éclairé par le ciel et la paix des échéances.
Il faut aujourd’hui voir Marc. Eemans avec une âme pacifique, soucieuse de l’arracher aux ténèbres. Oui Il y a quelque chose de désespéré dans ses œuvres, qui tient à la sincérité ensevelie de ses choix politique : il reste un peintre essentiellement romantique, inventeur puissant de métaphores, compositeur élégant, chercheur infatigable de cet absolu dont il demeure le comptable inspiré, celui du Pèlerin tardif, de la main de gloire, du Souvenir de Thétis et de l’Aurore aux doigts de feu, sans oublier Un Souvenir de Léonard de Vinci.
Issu de la Renaissance, Marc. Eemans doit beaucoup au passé de l’art. Le surréalisme ne fut pas pour lui un point de départ mais une arrivée, voire même une irruption désemparée, sur le moment dans la marée du siècle.

Paul Caso (dans “Le Soir”, du 22 mars 1977)

Ce qu’il convient d’ajouter nu crédit de Marc. Eemans ce sont la sureté de sa technique, la perfection du dessin, le sens de la construction, l’équilibre de la composition. Un érotisme de bonne compagnie vous est souvent offert de surcroît.

Francis Bollen (dans “Dimanche Presse” du 20 mars 1977)

Cela donnera naissance à des images étranges dont le mystère, après être sauté aux yeux, s’infiltre, persistant, insinuant, laissant dans le subconscient des traces profondément marques. C’est un signe de force.
La caractéristique majeure de l’œuvre de Marc. Eemans me paraît étre celle faculté d’imposer ses images comme autant de témoins lie forces occultes ni bénéfiques ni maléfiques. Œuvres de témoins omniprésents, omnipotents, sévères et réservés, ne livrant rien de leur étrange présence.

K. Lara (dans “4 millons 4”, du 24 mars 1977)

Transfuge, Marc. Eemans l’est sans doute de nature. Et dès lors. son langage est celui d’un solitaire ombrageux, d’un chercheur obstiné de l’inaccessible. Son art, d’essence mentale et narrative, glisse sans discontinuer dans des décalages oniriques à l’encontre du réel diurne et s’éprouve à célébrer l’anxiété cachée des prêtres du feu et de la nuit.

Suzanne Otlet (dans “Jalons et Actualité des Arts”, mars 1977)

Marc. Eemans nous démontre une étonnante permanence d’inscription et une fidélité incontestable au langage mystique et surréaliste. Ces peintures apparaissent souvent comme des “collages” peints ou dessinés, évoquant un climat très particulier que l’on pourrait dire d'”idéalisme magique” pour reprendre une expression hère à Novalis. Marc. Eemans ne recherche pas le fantastique comme tel, ni surtout l’incongruité. Il s’offre parfois le luxe d’une pointe d’humour noir. Se meuvent chez lui, dans un coloris sourd, aux tons chauds cependant. des images de femmes, des mains tendues, des vautours porteurs lie maléfices. Le décor en est généralement romantique. avec des nuages roulant dans le ciel au seuil de la nuit, d’étranges citadelle de l’oubli ou des La vagues venant mourir dans un léger bruissement sur des plages sans ombre…

Stéphane Rey (dans “Connaissance des Arts” Paris, avril 1977)

Marc. Eemans, prince de l’idéalisme magique.
A la galerie “Degreef” (chaussée de Charleroi), Marc. Eemans a réuni un grand nombre de peintures datant de 1965 à 1976. Toutes marquées par un symbolisme chargé de sortilèges.
La technique est classique. Elle s’appuie sur des recettes sûres qui laissent place entière à l’imagination. Et, manifestement, Marc. Eemans se laisse aller à ses fantasmes.
Créateur surréaliste, oui… mais créateur initié et mystique plus certainement encore, Marc. Eemans joue des dualités. D’ailleurs de nombreux titres nous le rappellent avec insistance.
Fondamentalement, Marc. Eemans cherche dans la multiplication des nus (aux anatomies insolites parfois) à retrouver le chemin de la genèse. Le poète est toujours avide de sa vérité intérieure qu’il concrétise dans des tons chauds en mythes picturaux. C’est vrai que Thomas Owen, grand magistrat du grand tribunal du fantastique, a raison quand parlant de Marc. Eemans il affirme que “celui-ci apparaît comme un prince germanique sorti de l’ombre”.

Alain Viray (dans “La Dernière Heure” du 2 avril 1977)

Ces Messieurs s’acharnèrent aussi contre Marc. Eemans comme si son génie inventif, la grandeur tantôt sereine, tantôt tourmentée de son œuvre les gênaient. Conséquences? C’est surtout à l’étranger qu’on expose Marc. Eemans et qu’une large clientèle apprécie ses toiles quasi inconnues du public belge auquel on préfère imposer des Delmotte, Delcol et autres Delporte, sans parler du tout-venant international pour parvenus de Chicago, émirs du pétrole ou fabricants de voitures japonaises en veine de collections.

Jo Gérard (dans ”150 ans de Peinture belge” Ed. Paul Legrain, Bruxelles, 1978).

Tommissen, P. (1980). Marc. Eemans : Un essai de biographie intellectuelle. Bruxelles: Sodim, 85-89.

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