Marc. Eemans sur « Arte Astratta » de Julius Evola

Ici il nous plaît d’attirer l’attention sur une démarche à peu près parallèle à celle d’Hermès qui se fit en Italie dans les années trente, mais dont nous ne prîmes connaissance qu’il y a peu en nous intéressant aux écrits traditionalistes et autres de Julius Evola, décédé à Rome le 15 juin 1974. Dans sa jeunesse, Evola adhéra au dadaïsme de Tristan Tzara et publia même en 1920 à Zurich, dans la collection “Dadà’, une plaquette intitulée Arte Astratta. Par la suite, il aurait également été en contact avec André Breton, dont il aurait cependant très tôt rejeté le “dilettantisme” et, en 1927, il fonda avec quelques amis le groupe “Ur” qui sera assez proche par l’esprit et les intentions de notre revue Hermès. Aux sommaires de la revue qu’édita le groupe et dont l’ensemble fit l’objet d’une réédition en trois tomes intitulée Introduzione alla magia, on peut trouver nombre de textes qui auraient très bien pu figurer dans Hermès et dont certains y figurent en effet.

Dans le texte liminaire de la plaquette Arte Astratta, que l’on peut considérer comme un “manifeste surréaliste” avant la lettre, Julius Evola se réfère également, tout comme le fit Paul Van Ostaijen en 1925, et comme le fera beaucoup plus tard André Breton dans ses Prolégomènes à un troisième manifeste du surréalisme ou non (1942) à certains auteurs mystiques ou para-mystiques. Il citait ainsi Plotin, Eckhart, Maeterlinck, Novalis et Swedenborg, en y ajoutant les noms de Rimbaud et de Tzara.

Marc. Eemans, Ce que fut la revue méta-surréaliste Hermès (1933-1939), in : Antaios n° 13, sept. 1998, https://marceemans.wordpress.com/2013/03/04/ce-que-fut-la-revue-meta-surrealiste-hermes-1933-1939/

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