La poésie du feu

« In jeder ewe
Ist nur ein gott und einer nur künder »
STEFAN GEORGE

I. Si certains amis de la poésie s’appliquent à la faire sortir de l’ombre confuse où elle prit naissance, pour l’élever à la consience et la décrire à la lumière de la pensée discursive; d’autres, au contraire, la veulent restituer davantage aux ténèbres les plus propices aux révélations premières.

Pour les uns la poésie relève d’une quelconque préoccupation literéraire, tandis que pour les autres elle est expérience qui engage l’etre tout entier et l’entraîne dans les enchaînements de la Transcendance.

Aussi n’est ce qu’en fonction d’une conception métaphysique de la poésie qu’il nous sera encore possible de croire en son pouvoir.

C’est ainsi que la poésie relèvera pour nous essentiellement de la volonté de transsubstantiation, le monde devenant symbole et mythe. Par l’enchantement de la poésie le monde se soustrait alors à l’immédiat et se mythologise pour participer, par connaturalité, à l’essence de l’incréé, voire même de l’incréable…

Mais le poète, en tant que transsubstantiateur, veut encore ce monde à son image (1) et l’anime d’un devenir particulier qui le situe au-delà de toute intuition métaphysique pour l’impliquer dans le fait de la magie. Chacun de ses gestes devient une incantation, ses paroles deviennent message initiatique et du fond de son être il appelle la sagesse, afin de donner à son poème un sens et un rythme qui puissent coïncider avec la voix du Destin qui ordonne le devenir de toutes choses.

II. Nous refussant à faire relever la poésie aussi bien de la pensée conceptuelle, ou de la sensation, que de l’affabulation, nous l’introduirons dans l’acte, dans l’être.

Pour atteinre à la poésie, le poète devra se dépoouiller de son propre moi, perdre conscience de l’un, du singulier, et « se retirer graduellement du monde phénoménal, comme dirait Goethe vieillard, se retirer, individu vainqueur, dans le Dieu, comme dit Nietszche jeune » (2)..

Ce langage quelque peu métaphorique tente de nous donner un aperçu du lent processus de dépersonnalisation par lequel passe le poète pour atteindre au « supra-personnel » car, comme l’a également dit Nietzsche, « les poètes et les voyants… tiennent à ne pas compter comme individus, à être simplement des porte-paroles » (3)

La poésie, pourrait-on dire, est un phénomène de conscience collective que le poète `pour mission de révéler aux hommes. Nombre lective ue le poète à pour mission de révéler aux hommes. Nombre d’imprudents veulent s’attaquer à cette tâche, mais les pauvres fruits de leurs efforts nous démontrent à suffisance que l’oeuvre de Stefan George: « die Vergottung des Leibes und die Verleibung des Gottes ».

Cette « divinisation » du corps, n’est point expérience psychologique, ni simple union d’amour du corps avec le Dieu, mais acte de mythologisation sur le plan l’absolu et de même, cette « corporisation » ne peut s’entendre à son tour comme démarche physiologique, car la notion du corps s’accompagne ici d’une révélation transcendante de son essence réelle. (4)

Il nous faudrait évoquer la participation de l’Eros antique, en tant que dieu d l’âme, en tant que médiateur, à la formation du poète. Qu’il nous suffise pour l’instant de dire à la lumière de ce qui précède que si la poésie peut être l’objet de la métaphysique, elle la dépasse, de même que Dieu la dépasse… L’activitié poétique n’implique point la sagesse métaphysique, même si cette « sagesse » relève d’un appétit d’être et, si la poésie participe au sensible, tout comme à l’intuition métaphysique: elle les transfigure et les transporte vers le monde des mystères révélés.

La confrontation de la réalité métaphysique et de la réalité poétique nous apprendra combien misérable est toute métaphysique en regard de la pure lumière qu’est la poésie; la métaphysique s’attarde encore aux imperfections de l’intellection, tandis que la poésie, libre de toute dépendance, manifeste l’être en-soi, au-delà de tout mode intellectif, par les voies d’une connaturalisation du poète à l’essence de l’absolu. C’est à ce point que la poésie s’apparente à la contemplation infuse (5).

III. Très rares, disions-nous, sont ceux que ont pour mission d’intercéder entre le Dieu et les hommes par la voie de la poésie:

« In jeder ewe
Ist nur ein gott und einer nur sein künder » .

Et c’est à peine si en l’espace de quelques siècles nous pouvons en citer quelques-uns. Goethe, Novalis, Hoelderin, Nietzsche, George sont sans doute parmi ceux qui nous sont les plus chers et parmi les vivants il n’y a guère qu’un Milosz, qu’un Patrice de la Tour du Pin…

La récente apparition de ce dernier poète aura été pour bien des amis de la poésie comme un évèment lourd de sens pour l’avenir de la poésie Française.

Tel un personnage de légende, il s’avance vers nous à travers « LA QUETE DE JOIE », ce « Livre royal » dans lequel il annonce tout ce que nous pouvons attendre de lui et de ceux qui le suivront et s’abandonneront à lui:

« Si vous m’avez choisi par votre intelligence
Serai-je celui-lâ qu’on a tant attendu
Pendant des siècles et des siècles de silence? »

Pourra-t-il se demander et avec Camille Bégué nous lui réprondrons qu’il « s’est engagé dans la voie qu’empruntèrent les maîtres avant le bouleversement de la Renaissance. Qu’il renoue avec un lignée intellectuelle aujourd’hui si polluée qu’elle n’existe plus ». (6)

A l’instar des vieux bardes de sa race, il semble né des brumes d’un paysage de légende, lourd de toutes les épousailles de terre et d’eau.

« Le silence et le vent des cieux paludéens,
La caresse indécise et trouble de l’amour,
Les grands vols de novembre aux horizons marins »
Ont modelé sa figure à leur image et avec

« Tous ceux qui ne sont pas apprivoisés, qui sentent
Encor l’acre parfum des marias et des bois »
il est parti pour la grande « Quête » …

De la longue communion du poète avec la nature des terres celtiques, ainsi qu’avec la tradition de ses ancêtres est née une poésie particulière qui s’apparente, par certains aspects, à celle d’autres poètes d’origine celtique, à celle d’un Ossian, d’un Hersart de la Villemarqué ou d’un Yeats, et don’t les révélations se trouvent réunies sous le signe de la Librairie de Borlonge.

Patrice de la Tour du Pin s’est effacé derrières les enseignements de l’Ecole de Tess pour nous offrir les arcanes d’une métaphysique, d’une théoloige et d’une théologie et d’une sagesse béatifiques dont « les médiocres seuls, les domestiqués » nieront l’authentique magnificence.

IV. Myer de Borlonge est sans doute l’auteur supposé du JEU DU SEUL, mais qui donc nous affirmera que ce Jeu n’est point le fait d’une pluralité intérieure? Patrice de la Tour du Pin ne pourrait-il pas nous avouer, à l’instar de Nietzsche: « A tout instant la pensée me domine qu l’histoire de mes faits et gestes ne m’est pas seulement personelle, mais que j’agis pour beaucoup d’autres en vivant comme je fais, en me façonnant et m’inventoriant: il me semble toujours que je suis une pluralité et qu’à ces plusieurs je tiens des propos familiers, graves et consolants » (7).

Pour atteindre à cette pluralité intérieure, le poète a certainement passé par une longue ascèse et il pourra chanter à juste titre les vertus de

… « la discipline de la Quête

En cette Ecole où nous étions de vrais chercheurs
De Sagesse, un grand troupeau d’âmes inquiètes
»

Tous les personnages de « QUETE » : Enfants de Septembre, Anges et Chevaliers chemineront par toutes les voies de l’errement humain avant d’atteindre à la Joie qui est sagesse béatifique.

Nous ne les suivrons point dans leur montée vers la lumière, tout comme nous n’invoquerons point la damnation de la plupart d’entre eux, telle qu’elle nous est exposée dans « L’ENFER ». Mais si nous jetons un coup d’oeil attentif sur le catalgoue de la Librairie de Borlonge, nous apprendrons que les deux premiers livres de Patrice de la Tour du Pin ne sont que le proème à une oeuvre entièrement vouée au culte de l’éternité:

« Sagesse! Il faut viser aux choses éternelles…
Retourner vers le temple et ses secrets accords,
Ou l’on entend, quand on se penche sur leurs stèles,
Si doucement, battre le coeur des morts »

Dès maintenant nous savons quelles sont les contrées que hante notre poète. Une faune et une flore aux aspects aussi étranges qu inespérés se révèlent à notre émerveillement. Puis il y a la connaissance du transcendant, telle qu’elle nous est révélée dans « L’ANGELIAIRE », par exemple, où l’on peut apprendre que les Anges sont ces bouffées de spirituel que les vents de migration amènent dans le coeur des hommes ». Il y a le « TRAITE DE LA DILECTION », les « VESTIGES D’UN ART LITURGIQUE » et tant d’autres fragments relatifs à la Sagesse de l’Ecole de Tess, dont entre autres le « PROEME A LA SOMME DE LORENQUIN » , dans lequel nous pouvons lire: « Il y aura un jour de Joie parfaite: tout ce qui sera né de la Terre s’envolera, les trainées de brouillard avec de longs frémissements, les étoiles avec des périodes de plus en plus longues d’obscurité, les tentateurs en répétant le nom prédestiné de « Fauln » l’Enfer tombera dans le Souvenir…»

Il y a aussi la morale et la règle de l’Ecole formulées par Laurent de Cayeux et puis encore l’« HISTOIRE DE L’ECOLE DE TESS, don’t la publications nous familiarisera un jour avec toute la sagesse enseigné dans les dix-sept chaires de connaissance.

V. Pour certains, l’oeuvre de Patrice de la Tour du Pin pourra relever de l’arbitraire et ils diront la bibliographie de la Librairie de Borlonge chose « aussi fantaissiste que pédantesque ». L’on pourra également trouver son « chant souvent fade, pourri de procédés ossianiques et mystificateurs comme les simulations surréalistes ». L’on se contentera peut-être encore de faire relever sa poétique d’un « romantisme continuellement rose », aux scories particulièrement évidentes… Qu’importe! Pour nous la poésie de la Tour de Pin se trouve située dans les parages du grand Feu purificateur dont seuls les prophètes et les mages connaissent les embrasements.

Et puis, imprégnons-nous de cette citation empruntée au « JEU DU PRECURSEUR IX » , pour justifier une fois pour toutes l’espoir démesuré que nous avons mis en lui: « Qu’il ait pris sa spiritualité n’importe où par dégoût du vulgaire où par élévation naturelle, qu’il ait écrit des psaumes d’amour, plus par une inspiration d’ecrivain que par une passion d’amoureux, qu’importe: il a dévié le Jeu vers le Divin ».

VI. « Il nous manquait jusqu’à ce jour un Francis Thompson, a écrit justement Armand Guibert (8), celui don’t Claudel a su rendre dans notre langue l’appétit de Dieu et le halètement passioné. Le siècle qui sacrifie avec aveuglement aux idoles éternelles, la haine, le matérialisme, le plaisir, paraissait impropre à le susciter, et peu enclin à l’accueillir et c’est l’instant où une voix de poète s’élève du enclin à l’accueillir et c’est l’instant où une voix de poète s’élève du chaos pour nous ramener dans le chemin de l’Unité ». Ce poète est Patrice de la Tour du Pin et le chemin qu’il nous indique est celui de l’amour, non pas l’amour charnel, mais un amour dans lequel se rencontrent toutes les aspirations de l’âme vers son Dieu. Cette route mène également à la mort, à la mort qui délivre. Mais d’autres étapes sont encore possible et toutes nous conduisent vers une montée vertigineuse.

N’insistons point ici sur les aspect ascétiques et mystiques de cette poésie qui emèchera peut-être certaine contrée de l’Europe de mourir… en la dotant de cette épopée spirituelle qui doit la revivifier après des siècles et des siècles de rationalisme.

« Tous les pays qui n’ont plus de légende
Seront condamnés à mourir de froid… »

a dit Patrice de la Tour du Pin en tête de sa QUETE DE JOIE » et toute sa poétique ne tendra qu’à doter son pays d’une légende nouvelle née du plus profond de son coeur: « Am Anfang aller Sage klingt das Herz ». (9)

Du fond de son coeur le poète a fait couler tous les symboles qui sublimisent l’homme et le lient aux enchaînements du Destin, du fond de son coeur il a fait jaillir la grande source et autour d’elle s’élèvent les mythes. Il n’a point été condamné, comme tant d’autres, à chanter la plainte de l’angoisse ou de la désespérance, mais il lui a êté donné de croire en la toute-puissance du Verbe. C’est ainsi que son Verbe a repeuplé des mondes déserts et qu’il nous a fait entendre le cantique des créations.

De toutes part les Rois et les Seigneurs se sont réunis autour de lui pour praticiper à une étrange fête; ils ont pris le mot « Liesse » pour devise, portant aux oriflammes les couleurs rouge et blanc qui sont celles de Galahad qui ramena le Graal…

D’ineffables dilections se sont emparées de ces preux, mais de non moindres privatiosn les ont torturés. L’enjeu de leur existence est une Divine Aventure don’t les échos ne nous parviennent sans doute que très assourdis, mais don’t les appels se retrouvent dans les yeux de tous ceux pour lesquels la poésie n’est pas qu’une vaine démarche, mais une oeuvre du Feu.

Les enchantements du Feu se sont manifestés à travers la poésie de Patrice de la Tour du Pin par les voies d’indicibles silences et des incantations lourdes d’une sagesse dont l’exégèse ne pourrait être que trahison… Des fulgurations apocalyptiques y rejoignent des visions béatifiques. Puis les imprécations y creusent des gouffres que plus rien ne pourra combler, si ce n’est la grande Soif d’Absolu don’t meurent les meilleurs d’entre les hommes. Aussi la mort a-t-elle fait des ravages dans les rangs de ceux qui sont partis pour la Quête et peut-être que Patrice de la Tour du Pin à son tour… Mais en attendant il demeure tout à l’exhaltation et à la Joie. Il vit la vies des « archétypes » , devenant lui-même parti intégrante du Feu. Il embrase les paroles; irradie les images et transfigure les symboles au point d’en faire des révélatiosn tangibles des absences et des grâces.

Cependant, Patrice de la Tour du Pin connait également toutes les mières du froid de l’âme, et les damnations qui se trouvent égrainées tout au long de son ENFER nous disent tous les affres de ce drame. « Il faut abandonner les brumes du poèmes » , affirmera-t-il quelque part, mais s’agit-il encore d’une poème dans son « Epiphanie »où l’homme se trouve sur ses fins et est sur le point de devenir l’Autre? Déjà le poète et ses compagnons y chantent « avec un son de voix qui ressemble à l’extase des Anges ».

De ce côté de la Quête, qui est toute humilité nous pourrons dénombrer toutes les misères qui frappent ceux qui ont voulu pénétrer le grand mystère. Comme nous l’avons déjà vu, la mort est venue à leur rencontre, mais ne savons-nous pas qu’il faut

« Chercher dans la montée lente de la mort
Le beau secret de la connaissance de l’homme » ?

Comme dans toutes les démarches imprégnées de sagesses occultes, la mort n’est ici qu’une préalable purification à l’oeuvre définitive de l’amour, dans laquelle nous rencontrons toutes les jouissances de la fruition mystique:

« Aime-moi : montre-moi jusqu’à quel point tu m’aimes,
Jusqu’à quel point tu peux dépasser toi-même:
J’agrandirai ton coeur pour contenir tout ton amour…

» Rappelle-toi: ce vase secret que tu portais sous ton manteau
Que tu as rempli toi-même à blessre,
Pourquoi le cacher honteusement, jalousement?

« Pourquoi ne pas le montrer aux autres, leur donner? »

Au-delà de tout il ya la communion dans l’amour, il y a le geste qui lie et qui crée:

« Tu peux tout concevoir en un instant d’amour… »

Cet instant précis où la poésie devient enfin à l’acte, à l’être et accomplit le suprème destin qui lui a été dévolu ici-bas.

Le grand mérite de Patrice de la Tour du Pin aura été d’avoir reconnu cet instant dès l’aurore de son oeuvre; c’est pourquoi nous le rencontrons ici et que nous serons parmi ceux qui le suivront jusqu’a l’accomplissement de la Quête.

MARC. EEMANS

(1) « Le monde est à l’origine tel que je le veux, disait Novalis, le monde originellement possède la faculté d’être animé par moi »

(2) E. Bertram: NIETZSCHE. Comme le lecteur pourra s’en rendre compte, certaints fragments de notre étude se trouvent en concordance étroite avec le sens de cette oeuvre de l’essayiste allemand. Nous le renvoyons également à notre étude « Figure Symbolique » (Hermès IV – première serie).

(3) Nietzsche: LA VOLONTE DE PUISSANCE.

(4) Cf. Fr. Gundolf: GEORGE: « Das Fleisch musz Wort werden, nous dit également le disciple de George, und nicht blosz Klang oder Form, und jeder Fleisch musz ein eigenes Wort finden ».

(5) Nous faisons ici évidemment abstraction de l’antinomie entre la « suprème postulation de l’essence prise en soi et transcendalement, comme dit Maritain, et les conditions d’existence appelées par cette même conditions d’existence, selon qu’elle est réalisée ici-bas ».

Pour reprendre la pensée de Maritain, nous dirons encore que nous usurpons pour la poésie « l’aséité de De Dieu » :

« Orgueil ici, magnanimité la, qui visent tous deux l’impossible, ou de la folie ou de l’héroïsme, dira-t-il. Moment aveuglant où l’extrème péché et l’extrême vertu se frôlent et se mêlent, chacun dans cette confusion allant vers son lieu, te faible à la présomption où il s’abime, le fort à la vertu où il grandit » (FRONTIERES DE LA POESIE).

Nous savons bien que la poésie connaît les « sècheresses »et que bien souvent le poèe se trouve en-deça de l’acte où il prit naissance, qu’il est trop souvent une amère désilusion, tout enchainé qu’il est aux exigences de la matière don til trend cependant à vouloir être la négaton; mais nous parlons ici de la poésie in abstracto, telle qu’elle est en son essence profonde.

(6) A l’aube d’un poète, in PATRICE DE LAT TOUR DU PIN, Editions « Mirages », Tunis, 1934.

(7) Inédits d’AURORE, cité par Bertram, op. cit.

(8) Patrice de la Tour du Pin, Poéte Mystique, in op. cit. Ed. « Mirages » Tunis, 1934.

(9) Hans Schwarz: DIE SIEBEN SAGEN, Verl. Wilh. Gottl. Korn, Breslau.

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